Vous l’avez peut‑être remarqué en naviguant le long de la Vilaine, près du canal Saint‑Martin à Rennes : un canard aux plumes noires et blanches et au bec rouge vif qui ne ressemble pas aux habituels colverts. Qui est cet invité insolite et comment a‑t‑il fini dans la rivière ?
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De quelle espèce s’agit‑il ?
Il s’agit très probablement d’un canard de Barbarie, une race domestique reconnaissable à sa tête aux tons rouges et à son gabarit plus imposant. La confirmation vient d’un bénévole de la LPO, qui suit les observations locales.
On parle aussi parfois de « tête rouge ». Ce canard peut atteindre près de 5 kg. Ses couleurs varient, mais la combinaison blanc, noir et un bec rouge vif est typique des sujets rencontrés à l’état domestique.
D’où vient ce canard et pourquoi se trouve‑t‑il dans la Vilaine ?
Le canard de Barbarie est originaire d’Amérique du Sud et a été introduit en Europe il y a plusieurs siècles. Il est élevé surtout pour sa viande et pour sa robustesse. En France, vous trouverez majoritairement des élevages dans le Sud‑Ouest et dans le Pays de la Loire.
Sa présence dans la Vilaine s’explique souvent par deux causes simples : une fuite accidentelle ou un abandon volontaire. Certains animaux d’élevage finissent relâchés quand leurs propriétaires ne veulent plus s’en occuper.
Peut‑il s’acclimater à la vie sauvage ?
Bonne nouvelle : ces canards sont rustiques. Ils tolèrent des températures basses et s’adaptent aisément aux milieux d’eau douce. À Rennes, l’oiseau observé semble bien s’intégrer parmi les autres palmipèdes.
Cependant, « s’acclimater » ne veut pas dire « être dans son milieu naturel ». Un animal domestique peut survivre, mais il dépend souvent des ressources humaines et présente des risques pour les populations locales.
Risques et impacts pour la faune locale
Lorsque des espèces domestiques se retrouvent en milieu naturel, elles peuvent provoquer des problèmes. Elles peuvent introduire des maladies, concurrencer les oiseaux sauvages pour la nourriture, ou provoquer des croisements non souhaités avec des espèces locales.
La Vilaine a déjà accueilli d’autres oiseaux domestiques relâchés : faisans, perruches, canaris… Certains s’en sortent, d’autres non. Les conséquences varient selon l’espèce et la saison.
Que faire si vous repérez ce canard ?
- Observez sans déranger. Évitez de le poursuivre ou de tenter une capture seul.
- Ne donnez pas de pain. Le pain n’est pas adapté et nuit à la santé des oiseaux. Privilégiez des feuilles de salade, du maïs en grains ou des aliments spécialement conçus pour palmipèdes si vous devez nourrir occasionnellement.
- Signalez la présence à une association locale de protection des oiseaux (par exemple la LPO) ou à la mairie. Ils pourront vérifier si l’animal est blessé, s’il porte une bague, ou retrouver un propriétaire.
- Si l’oiseau semble blessé ou en danger, contactez un centre de sauvegarde de la faune sauvage. Les bénévoles savent comment manipuler ces canards.
Une curiosité à admirer, mais avec prudence
Voir un canard de Barbarie n’est pas banal. Il apporte une touche d’étonnement au paysage urbain. Mais souvenez‑vous : derrière cette allure singulière se cache un animal domestique qui n’a pas forcément toutes les chances face aux aléas de la vie sauvage.
Si vous revenez vers le canal et que vous l’apercevez, vous verrez peut‑être sa queue noire qui remue. C’est souvent un bon signe : il semble se plaire pour l’instant. Restez attentif et signalez toute observation utile aux associations locales.


